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Among Other Trees

Un blog sur mon quotidien à l'étranger - My Blog on my daily life abroad

Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !

Publié le 2 Janvier 2017 par Bobbie in Pays, Culture, Decouverte, Bouffe, Spécialité, Activité

 

Lundi 2 Janvier.

On remet le couvert (c'est le cas de le dire) pour Ginza encore où l'objectif principal est de manger. Cécile a entendu parlé d'un plat spécial qui se cuisine dans le quartier de Tsukishima. Volontaire pour tester un nouveau plat (en fait je crois que j'avais pas le choix), nous nous y rendons assez tôt pour respecter l'horaire d'un représentation de faucon à 14 heures au parc de Hamarikyu

Avant de raconter cette aventure culinaire, souvenez-vous dans le précédent article, j'ai dit mettre déjà rendue à Ginza. Alors je vais faire une petite entrée avant le plat principal, voulez-vous?

Ginza est un quartier proche de l'eau. Et plus précisément: de la mer. Le quartier possède un bâtiment que l'Halieute en moi voulait absolument explorer : la Criée...ou le marché au poisson de Tsukiji. Comme il faut s'y attendre, en période de fête, l'accès était fermé. La criée peut se visiter à 4 heures du matin, lors des enchères, et plus particulièrement celle du thon. Comme le nombre de visiteur est limité, plus tu arrives tôt, mieux c'est...ou alors il faut dormir sur place. Bref, j'allais pas sacrifier une matinée pour ceci, mais mon désir de visiter le marcher se tournait plutôt pour sillonner les allées et admirer les espèces marines consommées par les locaux. Pour découvrir l'ambiance des lèves-tôt et enfin pour flâner dans les ailes dédiées aux condiments, végétaux et autres choses asiatiques. Plutôt que d'arpenter un supermarché quite à passer pour un étranger fou, d'avoir le tout rassembler dans un coin de Tokyo me paraissait plus intéressant. Et puis, je l'avoue, j'adore faire les marchés.

Bref, sur ce point, ça a été la plus grande déception de mon séjour (oulala, quelle tragédie). Mais j'ai pu compensé avec le marché extérieur qui se situe entre la Criée et Tsukishima. Vous ne pouvez pas le louper : on entend les vendeurs de poissons exprimer haut et fort la qualité de leurs produits. Et puis, il y a cette odeur entre le poisson frais et le poisson cuit. Revigorée de ma déception cuisante (il fallait bien que je trouve un adjectif qualificatif exagéré =) ), j'erre entre deux allées et observent les étals. Les espèces me sont pour la plupart inconnue, sauf pour quelques crustacés comme les crabes royaux et les crevettes type Pénéidés. Si je dois comparer avec un étalage français, je dirais que les Crustacés et mollusques sont beaucoup plus présent au Japon. 

Ce quartier a énormément de restaurants. Et nombreux sont les japonais qui y viennent prendre un petit plat. En l'occurrence, j'ai vu des japonais manger leurs huîtres debout et avec des baguettes. C'est étonnant. Mais chacun sa manière d'apprécier la bouffe ( Je ne jugerais pas). Il y a d'autres choix comme des brochettes de Saint-Jacques saupoudrés d'oursin de mer ou du crabe sur le grill. Puis il y a les restaurants traditionnels qui attirent les badauds à coup de Tête de thon à l'entrée (Mais pas au sens littéral du terme, hein !). C'est original. Puis, ça peut prévenir de la fraîcheur du poisson qui sait ? Parce qu'un thon exposé depuis des semaines, ça se remarque quand même. J'ai même vu un restaurant qui cuisinait le Fugu, ce poisson qui, s'il est mal découpé, peut tuer son consommateur. Le truc que je tenterais jamais. (Et j'arrête de dire jamais...parce que ça m'arrive toujours après !).

Oh et au passage, il y a un temple qui s'appelle Namiyoke Inari. Il y a du monde devant, et de dehors, on peut entendre le gong/grelot être frappé irrégulièrement. Pas de doute, les gens y viennent pour faire leur voeu. Evidemment, le nom du temple a un rapport avec les alentours et signifie "Protection des vagues". J'hésite à ricaner mais ça serait méchant de ma part. En tout cas, je peux faire un peu d'humour noir, non? 

Avec l'emplacement où il se trouve, il y a pas de vagues puisque tout est endigué. Seul un tsunami peut l'atteindre, et dans ce cas, la protection, je ne sais pas où ils vont la chercher. 

Mais bon. Le sanctuaire date du XVIIe siècle. A cette époque, c'était pertinent.

Dernière remarque sur le sanctuaire avant de se mettre à table, c'est qu'il est aussi un temple gardien du marché et des échanges commerciaux.

Maintenant, à taaaaaaaaable !

Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !
Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !
Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !

Se rendre à Tsukishima est facile : des voies de métro y passent. Nous, nous nous y rendons à pied, par un pont qui me donne la consolation de voir la Criée de l'extérieur d'un côté et le pont Chuo-Ohasi d'un autre (qui si je ne me trompe pas, apparaît beaucoup dans les films ou téléfilms japonais).

Le quartier, entouré d'eau, est calme mais super mignon. Et dans cette ambiance-là, nous arrivons enfin dans la rue qui nous intéresse.

Sans aucun restaurant ciblé, nous sommes finalement apostrophées par une serveuse dans la rue qui nous invite à entrer. Nous n'hésitons pas plus et la suivons dans le restaurant. Là, nous remarquons que chaque table possède une plancha incluse.

Pourquoi?

Parce que nous allons manger des Monjayaki

Commençons par le début : la traduction dit que c'est une sorte de pain frit. Mais perso, ça ressemble à une omelette sans oeuf ou alors une galette molle

Il y a une manière traditionnelle de le préparer. Sur la plancha, il faut faire griller dans un ordre précis les ingrédients.

  1. Ca commence avec le solide : chou, carottes, soja frais, salsifis, artichaud, coeur de palmier, aheum finement tranchés, ainsi que optionnellement, la viande  en morceau et le fromage en cube. Globalement, on peut tout mettre dessus.
  2. Puis, une forme de nid est faite sur la plancha et la pâte liquide y est versée.
  3. Enfin, les ingrédients et la pâte entrain de cuire sont mélangés et on ajoute les derniers ingrédients.

Bien évidemment, la serveuse l'a fait pour nous. Et mine de rien, heureusement que le resto n'était pas plein ! Car le soin qu'elle a pris à nous préparer le plat peut se trouver altéré si c'est le rush (enfin je suppose, mais comme on est au Japon et que tout est veillé à ce que le client ne soit pas déçu, c'est peut être faux). A côté, ce sont des familles qui n'ont pas besoin d'aide : des habitués !

Bref, on se retrouve avec une galette en face de nous, prête à être manger. Ici, pas de baguettes mais des spatules et des petites assiettes. On vient 'gratter' la plancha pour avoir une part, qu'on laisse refroidir dans l'assiette et que l'on peut manger ensuite.

Le reste continue de cuire sur la plaque et ce n'est pas plus mal car la texture change de molle à légèrement croustillante et le gout diffère aussi quand la galette commence à caraméliser. Ci-dessous, je vous mets une vidéo de la préparation du Monjayaki.

Ce fut une belle expérience gastronomique. La surprise a été plus grande encore quand j'ai compris que la préparation se faisait devant nos yeux. Je ne manquerais pas de refaire cette recette dans une poêle (et je pense que ça fera dresser les cheveux de plus d'un japonais).

Bon appétit sur Takeshima.
Bon appétit sur Takeshima.Bon appétit sur Takeshima.

Bon appétit sur Takeshima.

Complètement repue, je cède néanmoins à l'essai d'une boisson chaude de l'un des conbinis à la sortie du resto : une crème de Haricot rouge. Michael me l'a conseillée après que j'eus évoqué ma grosse préférence pour tout produit à base de haricot rouge. Et j'avoue ne pas être déçue. Peu sucré, légèrement consistante, je me prouve une fois de plus que je suis dingue de ça.

Tandis que je lutte pour récupérer la dernière gorgée de la canette, nous marchons jusqu'au parc d'Hamarikyu. Situé dans un quartier à building, c'est assez drôle de voir une plage verte surmontée d'un chapeau de verre !

L'entrée est de 300 yens, mais je crois que le spectacle de faucon était inclus dedans. Même si finalement, pour cause de grippe aviaire, le spectacle est annulé. Nous faisons le tour de ce parc qui reste très plaisant. Une aire est dédiée aux jeux extérieurs tels que la corde à sauté, les toupies (le lancer de toupie est un truc de Ninja, sérieusement !). Ca fait plaisir de voir des enfants de la ville jouer avec des jeux simples. Quand on voit avec quoi sont éduqués les enfants de nos jours (*Froncement de sourcil et moue dubitative*)

Les Ninja Kuma !

Les bassins sont directement alimentés par les eaux saumâtres de la mer. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir des poissons ou des crustacés dans les eaux turbides des lacs. Malgré notre malchance avec les oiseaux, nous avons eu un accès à l'intérieur de maisonnette traditionnelle (elles n'ouvrent que deux fois dans l'année) qui donnent sur les bassins. Ca vaut les photos que chaque personne entrant dans la bâtisse a le privilège de prendre en posant seul. J'imagine facilement les jeunes japonaises en kimonos posés devant la porte coulissante ouverte.

Nous terminons notre tour du parc vers une parcelle de Sakura (les cerisiers japonais). Par dizaines, là encore je ne doute pas que le printemps doit apporté son lot de fréquentation sous les fleurs épanouies. J'ai la chance de voir quelques boutons ouverts. Agréable est la surprise quand je réalise que les fleurs ont aussi une légère fragrance.

On est le lendemain du jour de l'an, et cette journée fut reposante malgré nos escapades. Je dirais même qu'elle avait un véritable parfum de détente complète, comme si Cécile et moi nous nous promenions en tant que résidentes et non comme touristes. Cerise sur le gâteau (autant rester avec ces arbres), nous finissons la journée avec un karaoké.

Tokyo : Ginza, il est frais mon poisson !
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