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Among Other Trees

Un blog sur mon quotidien à l'étranger - My Blog on my daily life abroad

Tokyo : Stupeurs et tremblement

Publié le 27 Décembre 2016 par Bobbie in Decouverte, Culture, Activité, Pays, HangingOut, Bouffe

27 décembre : ouverture plein phare des paupières.

J'ai peu dormi à cause de la soirée tardive Mario Kard et autres dérivés sur Wii chez une amie et son copain. C'est pas plus mal. J'accumule la fatigue pour mieux dormir plus tard (lol). Il est 8 heure du matin et après avoir sauté dans mes pompes, mes bottes claquent sur le trottoir de Paris.

Je m'en vais avec mon sac à dos de rando des années 80 (et non il n'a pas le style Old school. Il est cependant super solide !) et un sac de course renforcé Lidl, les yeux bouffis et le teint légèrement vert (la faute à Bibine).

Voyageons léger ! Pourquoi se charger ? Sac à moitié plein, sac où je peux :

  • blinder mon sac de plein de goodies et fringues,
  • courir attraper un bus ou métro sans s'emmerder avec la mallette.

Et je vais où ? (en fait le titre dit tout, mais c'était une question rhétorique).

Je file au Japon.

Plus exactement à Tokyo.

Il s'agit de mon premier voyage comme glandouilleuse sur mes congés de doctorante avec mon salaire de doctorante espagnole. Contrairement au précédent voyage, je n'y vais pas pour le boulot.

Mais !

Mais quelqu'un m'attend là-bas. C'est une personne fabuleuse que j'ai déjà mentionné sur ce blog plus d'une fois (quand je l'ai vu sur Paris ou quand elle est venue à Barcelone) : Cécile !

(C'est le moment de lui lancer des fleurs et l'applaudir).

Une de mes amies d'enfance: 16 ans qu'on se connaît. Elle travaille désormais à Tokyo depuis quelques mois et prends ses vacances pour les fêtes de fin d'année. L'occasion idéale pour se revoir durant plus de nos deux jours annuel usuels. Sans compter la chance d'avoir une connaisseuse de la ville et m'aider dans la découverte de la capitale. Voilà tout ce que vous saurez sur elle, je ne voudrais pas parler plus de sa vie privée !

Il est donc 9 heures quand j'arrive au terminal Charles de Gaulle avec ce charmant RER B et après un bain de foule de l'heure de pointe dans les métros fleuris de Paris.  J'ai pile poil les deux heures conseillées pour l'enregistrement.

La queue est déjà longue et l'avancée lente. Voire nulle. Ce qui courrouce un couple de français dans mon dos. Ils ne manquent pas de râler contre le service lent ou l'inefficacité des hôtesses. L'expérience me dit que si y a du monde après et avant moi, cette lenteur n'est pas inquiétante et je risque pas de faire partie de cette marge de clients qui ne pourront pas avoir de siège. Malgré tout, ces français me communiquent leur stress. Je décide d'écouter Rire et Chanson...puisque c'est le seul truc (avec France Inter) où on peut rigoler de nous-mêmes. La queue avance, les procédures habituelles sont faites. J'ai mes deux billets tout cartonnés tout beau pour Moscou et Tokyo.
 

Tokyo : Stupeurs et tremblement

Ça y'est. Après 7 longs mois d'attente !

Le passage de contrôle semble un peu plus forcé  qu'auparavant mais rares sont les fouilles corporelles (état d'urgence, Bonjour !). La porte d'embarquement est encore close et l'avion a du retard. J'ai le temps de sérieusement flipper puisque depuis deux mois la sécurité des vols parait à la rabaisse, ma belle soeur me parle des turbulences horribles vécues récemment et les conditions météorologiques de Moscou ainsi que le film 'Les Survivants' me lèvent une légère parano.

Je passe par Moscou avec la compagnie Aeroflot. Le billet d'avion était dans mes prix. C'était soit ça, soit passer par Istanbul. Mon choix a prix le moins dangereux.  Quoique.  Je ne sais pas si les températures hivernales ne sont pas un peu malsaine pour un avion. Bref, je suis passée par Moscou et ça c'est très bien passé (outre les repas ignobles où seul le porridge de butternut et d'avoine a fini entièrement avalé). Durant les deux voyages j'ai eu la chance d'avoir un siège libre à mes côté. Ce qui a permis de caler mes gambettes sans les voir atrophiées à la fin du voyage. Je suis soulagée aussi que cela ne corresponde pas à la taille standard japonais. Sinon j'aurais dû me casser en 5 pour tenir sur les deux sièges. 

J'arrive à Narita, il est 11:50, je dois encore passer les douanes et l'immigration pour enfin revoir mon amie.


Grosse déception, elle n'est pas encore là. Je m'étais déjà imaginée des retrouvailles extravagantes sur le parvis de l'aéroport. Sans autre moyen de contact que notre chère technologie, je trouve le moyen de capter la Wi-Fi pour apprendre qu'elle ne pourra pas venir me chercher. C'est un peu l'angoisse car je ne connais absolument pas le réseau de transfert entre l'aéroport et Tokyo, et encore moins comment peut-on se retrouver sans portable dans une station de métro. Finalement, elle me suggère de prendre une navette qui fait Narita-Tama plaza en 1 h 30. Pour 2900 yen et un bus qui part dans 5 min, je me retrouve dans un car qui a de l'espace entre les sièges et des locaux en guise de clients. Je suis donc tranquille pour un petit roupillon et je suis soulagée que Cécile ne se soit pas tapée le trajet finalement. Cela aurait été 4 heures de transport interminable pour une personne qui m'héberge déjà 10 jours.

C'est donc avec une immense (et extravagante) joie que l'on se retrouve dans la gare routière de Tama Plaza, sous les yeux un peu étonnés des tokyoistes n'ayant pas l'habitude des câlins et des embrassades à profusion.

Wouah ! Les voitures ! Wouah ! Sérieusement, le 2e étage a aussi des commerces ! Wouah ! Wouah ! Wouf !

Wouah ! Les voitures ! Wouah ! Sérieusement, le 2e étage a aussi des commerces ! Wouah ! Wouah ! Wouf !

5 minutes plus tard, Cécile me suggère un Thaï à deux pâtés de maison et j'acquiers directement. J'ai pas bien mange depuis 1 jour et demi, je serais prête à avaler un canard entier (malheureusement je n'ai pas d'estomac assez grand pour avaler des boeufs). Je ne suis absolument pas déçue. Je ne sais pas ce que j'ai pris mais c'était fichtrement bon et parfaitement épicé.

Après maintes recherche auprès des guides online de restauration, de traductions google et de comparaison de photos, il s'avère que c'est un type de Ebichiri ; des crevettes frites et oeufs en omelettes dans une sauce chili (J'en suis la première surprise). Bref, à reproduire.

Mon moi intérieur ricane quand le serveur me propose des couverts. Je suis venue à Tokyo comme une touriste mais s'il y a bien une chose que j'ai pas envie de faire c'est de garder l'usage de ma culture. Donc sont bannies les fourchettes et les couteaux dans tous lieux où je mange asiatique.

Après ce remplissage de bedaine, Cécile m'initie au ticket de transport public Suica qu'elle a en rab pour ses invités. Ca ressemble à n'importe quelle carte Navigo sauf qu'elle se recharge avec des bornes situées avant ou après les "barrières" d'entrées du métro. Là, je découvre cet espace aéré, ouvert où circulent des milliers de personnes sans que cela bug : les barrières sont initialement ouvertes et le reste, tant que la personne passe avec sa carte chargée. Sinon, la barrière se ferme et tout le monde peut voir que vous grugez y compris les gardiens. Ma première impression du métro est surprenante.

C'est propre, ça brille, c'est calme, c'est grand, c'est Efficace, c'est organisé.

En gros, je tombe sous le charme de la sérénité des lieux, même si Cécile m'avoue que des périodes de chaos tombent en Septembre dues aux nombreux suicides des étudiants sur la voie féroviaire.

OK.

Bon. (Not concerned about that)

Pour terminer cette longue péripétie, je découvre un autre aspect du Japon : les supermarchés (il y a les convenience stores dont je parlerais plus tard aussi). Tout comme marcher dans la rue et manger local, les courses font parties des éléments qui me dévoilent les facettes d'un pays. Nous allons au Life, et je sens déjà la cuisinière en moi s'ébahir.

De quoi faire tous les plats japonais à porter des mains ! Des centaines de sauces (dont je ne comprends même pas ce que c'est, sinon un dérivé n-ième de soja, de macération de poisson ou que sais-je).Les nouilles ! Le riz ! Le saké ! Il y a évidemment tout ça !

Néanmoins, l'ébahissement cède à la surprise. Le prix des fruits et légume est exhorbitant. Limite il ne vient pas vous crever les yeux avec son étiquette plastifiée. 5 pauvres clémentines valent entre 400 et 600 yens. Une simple pomme vaut plus de 100 voire 200 yens. Bon évidement, ce sont des fruits "exotiques".  Ils sont tous beaux, tous rutilants, tous uniformes, et soient importés, soient produits sur le peu de lopin de terres cultivables. D'où le prix me dit Cécile dans l'oreillette. Mais quand même ! Et l'ingénieur agronome en moi sort de son mode vacances pour réfléchir à ce qui coince. La montagne et le climat, certes, mais d'autres pays ont très bien su tiré leur épingle du jeu dans des conditions plus extrêmes encore ! Je trouvais même paradoxal qu'un pays si avancé en technologie n'ait pas trouvé de solution pour une exploitation high-tech des terres arables. 

Bon vous me direz, niveau environnemental, c'est pas bézef. Mais sur ce point aussi, je peux dire que ce n'est pas au point non plus dans ce pays. 

Pocky, Kit Kat, Bourbon Alfort, pour tous les goûts imaginables
Pocky, Kit Kat, Bourbon Alfort, pour tous les goûts imaginablesPocky, Kit Kat, Bourbon Alfort, pour tous les goûts imaginables

Pocky, Kit Kat, Bourbon Alfort, pour tous les goûts imaginables

Avant de passer à la raison de cette opinion, laissez moi d'abord placer une remarque sur les produits sucrés japonais (qui ressent la gourmande parler ?). Ca ne manque pas ! Au Matcha (thé vert) ou haricot rouge pour ceux qui cherche des saveurs japonaises. Au chocolat et autres goûts sinon (fraises, menthe,...). A croire que Bertie Botts se soit inspiré du Japon. Beaucoup de bonbons mous ou alors plus du type barres-biscuits en taille Minimoys. Par contre rayon cookies, biscuits et céréales, vous pouvez les renvoyer de votre liste de course. 

Tout ça vous le mettez dans le chaudron magique appelé le packaging, et Paf, vous vous retrouver avec un produit suremballé

Ah ! Cécile me parle encore dans l'oreillette !

Le double visage de la production alimentaire, qu'elle me sort ! Ca rejoint un peu l'idée de l'environnement on s'en occupe à moitié ou bien? Je viens de parler du packaging, elle me parle des produits frais, sans OGM et locaux qui se trouvent facilement sur les rayons des supermarchés et des produits d'incitation à la consommation tel que le Sandwich de poche (emballé bien évidemment). Trop bon, trop simple...trop bon marché ! La consommation alimentaire jongle entre des produits sains et des produits chimiques comme un très bon artiste de cirque.

Pocket Sandwich, fruits par sac et Onigri
Pocket Sandwich, fruits par sac et OnigriPocket Sandwich, fruits par sac et Onigri

Pocket Sandwich, fruits par sac et Onigri

Arrive ensuite l'étape de la caisse où l'employée nous parle comme des locaux. Cécile bien plus habituée sait ce qu'il faut faire, moi je reste coite. Rien compris (normal, me direz-vous). Mais surtout, la caissière n'avait pas l'air de minimiser son flot de japonais devant deux étrangères.

Non, m'apprends Cécile. Les japonais suivent des procédures : ils disent le montant d'argent reçu, ce qu'ils nous doivent, demande la carte de fidélité, demande si on veut un sac en plastique (un de plus !) pour finalement nous remercier de passer par le magasin.

Gné ?! Cette situation est un peu perturbante la première fois, mais mine de rien je m'y suis vite habituée. 

Après les quelques courses, nous remontons chez Cécile, où je ne tarderais pas à m'écrouler sous le poids du Jetlag et du voyage. Ces premiers instants sur le sol japonais ont déjà été extraordinaires et mon amie n'a pas cessé de m'expliquer toutes les situations bizarres dans laquelle nous nous sommes trouvées. Avant de définitivement rejoindre Morphée, une secousse m'interpelle sans qu'elle ne m'angoisse. Mon premier tremblement de terre.

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