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Among Other Trees

Un blog sur mon quotidien à l'étranger - My Blog on my daily life abroad

Tokyo : Des yeux comme des soucoupes

Publié le 29 Décembre 2016 par Bobbie in Culture, Decouverte, HangingOut, Bouffe, Activité, Pays

Et Bim DaTaGueule

Et Bim DaTaGueule

 

Réveil matin confortable après les deux jours sans dormir énormément.

J'apprends quelques minutes plus tard que le séisme de la veille était de magnitude 6.4. Stupeur de nouveau. Merci l'accueil dans le pays du soleil levant ! ( Grosse joie de la Géologue enfouie sous les classeurs de prépa) Fût-il que le bâtiment soit suffisamment aux normes pour que le tremblement me paraisse atténué, en tout cas, il ne m'a pas effrayé.

Ma première destination de ce séjour est Shibuya, LE quartier du shopping et des publicités projeté sur des écrans géants. Je le considère un peu comme le Time Square de New-York (je n'y suis jamais allée, mais les films télévisés m'en envoient cette image !).

Passons.

A peine sorties du métro, il y a ces murs de couloirs recouverts de posters d'artistes de J-pop ou autres musiques. Et une image de star transpirant à grandes gouttes suffit pour faire fantasmer des jeunes japonaises se prenant en photo avec leur favoris tout en poussant des petits cris hystériques. Je ne sais pas si c'est drôle ou mignon (mais je dirais plutôt mignon car j'ai eu une phase aussi (mais pas au point de baver devant les artistes)). Mais ce n'est pas nocifs à voir et ça reste un amuse-gueule comparé à la place de Shibuya.

Les écrans géants défilent des publicités à quimieumieu avec des acteurs pas dégeu pour un sous. Je suspecte même qu'il s'agisse aussi d'idoles à en croire les regards émerveillés de japonaises qui suivent les images de certaines pubs.

Bref.

Autant la place avec ces milliers de passants et ses passages piétons infernaux ( ils vont dans tous les sens) que les gens qui y circulent valent le détour.

J'oublie de mentionner la statue de Hachiko, le chien qui a attendu son maître (décédé) jusqu'à la fin de sa vie. Très  prisée par tous les touristes, je vous balance juste une photo. Pour ma part, poser avec un chien pour le souvenir, ce n'est pas ma priorité.

Celle que j'avais, c'était de trouver un Onesie: ces grenouillères pour adulte ayant la forme d'un animal. Cécile avait trouvé quelques boutiques où nous nous sommes rendues ( Tokyu quelque chose), mais finalement, nous n'avons pas trouvé. Il parait que ça ne se fait plus.

Tant pis. Au moins on aura dépensé des calories d'après les escaliers. Et cela m'aura permis de voir les bidules japonais en tout genre. Je dirais même que ce magasin regorge de culture japonaise. Avec quoi je peux vous comparer ça ?

...mmmh...

Je dirais Tati. Ouais Tati, cela le fait.

Outre cette mini-recherche de pyjama kawaii, je me suis rendue dans mes premiers magasins à 100 Yens, où je sens que je vais faire une razzia avant la fin de mon séjour ! On y trouve de tout et n'importe quoi, beaucoup plus du n'importe quoi, mais cela reste toujours avec le parfum japonais arôme efficacité-pour-quelque-chose-de-trivial.

Enfin, pour clôturer la matinée, nous allons manger dans un resto qui vaut l'attente (même si nous ne l'avons pas faite, ehehe): Uobei. J'y ai mangé mes premiers sushis et maki sur le territoire japonais. Et bien ils ont une sacré différence avec ceux mangé jusque là :

  • le riz est parfaitement gluant et cuit/croquant,
  • les saveurs sont totalement différentes,
  • la diversité des choix plus large.

Par exemple, le sushi de poulpe, je trouve ça succulent ! Bon le plus extraordinaire reste tout de même le service. Oubliez les serveurs...vous manger en tête a tête avec un écran et des rails. L'écran, il sert a commander les sushis (généralement il y en a deux par petite assiettes voir 6 pour les makis) ou autres (soupe miso, ramen, dessert). Les rails, eux apportent vos plats à la vitesse de l'éclair. Une soucoupe plate s'arrête devant vous et attend votre ordre électronique pour repartir en cuisine. Bien sûr, vous voyez passer les plats des autres mais le respect est tel qu'il n'y a pas de problèmes entre clients. Le nécessaire est également à porté de main : verre d'eau, thé vert en poudre, sauces soja, wasabi et gingembre ! 

A vos baguettes !

A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)
A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)
A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)

A Shibuya :des rues qui vous veulent du bien, de la tentation pour les achats (et du mal à votre portefeuille)

Cécile me montre ensuite le quartier de son boulot, qui est, ma foi, très tranquille ! Des centaines de boutiques, toutes ouvertes ou alors occupées ( ce que je veux dire: à Barcelone, la moitié des locaux commerciaux sont inoccupés ou alors fermés). La rue est vivante et on y trouve tout plein de truc notamment de la bouffe et de la bouffe.

C'est ainsi que Cécile et Moi repartons avec une pâtisserie chacune : des madeleines au thé vert et un cookie au chocolat blanc/macadamia de chez Ben's Cookies respectivement.

Le dernier arrêt de cette journée, qui me parait bien remplie déjà, est le temple de Joshin-ji où on trouve les Kuhombutsu. Cécile m'en a vanté ses couleurs durant l'automne : le parc est rouge sang dû aux feuilles vermeilles de l'érable japonais (Acer japonicum). C'est vrai que la feuille à une jolie forme (de feuille de Cannabis, shhhhhh) et que l'unique pauvre arbre décharné en ayant encore donne une couleur explosive ! Outre le rouge, il y a aussi le bleu. Bleu électrique. C'est la couleur des cheveux des 9 (kuhom) bouddhas (butsu) qui sont assis en tailleur par 3 dans 3 sanctuaires.

Tokyo : Des yeux comme des soucoupes
Tokyo : Des yeux comme des soucoupesTokyo : Des yeux comme des soucoupes
Tokyo : Des yeux comme des soucoupesTokyo : Des yeux comme des soucoupes

Ce temple respire la quiétude (je ne sais pas si c'est à cause des vacances ou de l'hiver ou tout simplement du lieu). Cécile m'apprend quelques principes qui ne sont pas forcément à respecter tel que saluer le temple à l'entrée et à la sortie au niveau du portique en pierre (ou en bois). Pour se purifier, il faut aussi se laver les mains avec une casserole à grande anse : on commence par la main gauche, puis la main droite et on retourne verticalement la casserole pour purifier l'objet de notre toucher initialement infecté.

Je me prête à ces rituels avec plaisir ! Dans le premier cas, en faisant de la boxe, je me souvenais du salut au ring. Dans le second cas, lors des visites d'église, je n'aime pas faire la croix avec l'eau bénite. Parce que déjà tout le monde a mis ces mains dedans, que le procédé est bien trop formalisé, et surtout qu'il est relié à la religion. Dans les temples, le bassin est située à l'extérieur, c'est convivial, et c'est un procédé relié à votre corps et peu directement à la religion.

Donc pour revenir au temple, qu'y vois-je? Un bouddha avec un bavoir rouge. Ah non ! 2 bouddhas ! 3 ! 4 ! Diantre ! Ils ont tous leur morceau de tissus rouge !

En Googlisant littéralement "Bouddha Bavoir rouge", j'ai eu ma justification. Je vous laisse aller lire l'histoire complète sur ce site car je la trouve très jolie, mais pour les plus faignants il faut savoir que :

  • le rouge est une couleur bénéfique : symbole de bonne santé et longévité.
  • le bavoir, ou alors autre vêtement qui tient sur une statue de pierre est posé par des parents en deuil ou aillant eu un enfant guéri, etc...
  • le bouddha est Jizo. Un guide pour les enfants morts qui s'en vont vers le paradis.
  • Habiller le bouddha aiderait les âmes des enfants à accéder au paradis. 

Après les bouddhas, ce sont plusieurs structures intéressantes que l'on peut trouver ; un temple (j'y reviendrais un peu plus tard), une porte en bois gardée par des Dieux, une cloche énorme protégée d'un toit, le cimetière et trois temples dans lesquels nous trouvons les trois bouddhas mentionnés plus tôt. 

Construites au XVIIe siècle par le même moine Kaseki Shonin, les statues paraissent, de loin et par brouillard, identiques. Ce qu'elles ne sont sûrement pas au regard de la position de l'une de leur main (elle forme un Mandra). Et évidemment, la position a une signification. Bon. Faut quand même l'avouer, c'est pas ça qui frappe l'occidentale que je suis La couleur bleue électrique génère la question : y avait-il des mouvements avant-gardistes Punk à l'époque ?

Malheureusement pour nos zygomatiques, non. Cette couleur de cheveux est un énorme clin d'oeil aux cheveux noirs, de telle sorte qu'ils ont des reflets bleus. Et évidemment cette couleur de cheveux rare fait parti des 32 traits physiques particuliers de Bouddha.

A propos du temple, il reste ma première expérience shintoïste. Imaginez la légère odeur de l'encens qui brûle, un moine chantant à voix haute accompagné d'une percussion qu'il frappe en rythme. Imaginez la chaleur qui se dégage de cet édifice alors même que toutes les portes sont grandes ouvertes. Il y a de quoi se laisser convertir ! Plutôt par respect de la cérémonie, j'observe, depuis le seuil, l'intérieur. Richement décoré sans que cela devienne étouffant, la pièce maîtresse est une statue de bouddha plaquée d'or.

Une vidéo zen du temple

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