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Among Other Trees

Un blog sur mon quotidien à l'étranger - My Blog on my daily life abroad

Japon : Bobbie au pays des temples

Publié le 30 Décembre 2016 par Bobbie in Decouverte, Culture, HangingOut, Bouffe, Pays, Activité

 

Nota Bene : Il manque des photos mais elles seront ajoutées d'ici peu !

 

Vendredi 30 Janvier. Soleil à en devenir aveugle.

10 heures, Tokyo.

Le plan d'attaque du jour : Kamakura. Une bourgade au Sud de Tokyo et près de la mer.

Accès : La Yokosuka line en moins d'une heure depuis la capitale.

IPQ ; La ville possède une multitude de temples, palais, sanctuaires ou autres lieux de prière. "Ca dégouline de temple -euh,

c'est beau mais tout est infaisable -euh

Qu'est-ce qu'on fait Cécile,

On fait ce qu'on peut et puis c'est touuuuut" 

Ouaip. A moins de se lever tôt, marcher au pas de course et revenir tard, faire Kamakura en une journée, pas possible. Et puis l'hiver surtout, comme la nuit squatte un peu plus que d'habitude, c'est pas le cadeau !

Et puis imaginez la taille de l'article (oh nooooooon, trop d'écriture). Déjà avec celui-là, vous pouvez vous endormir

Bref, à Kamakura, on décide d'aller voir la mer. Chose un peu casual pour moi qui travaille devant, mais c'est le Pacifique Ouest, donc c'est différent. On suit donc une agréable rue où les commerces affleurent et le passage des voitures est rare. Il y a de belles choses à voir étant donné que la rue est celle préférée des touristes. Je me souviens de toutes ces galeries, d'un merveilleux produit industriel que Cécile m'a fait goûter : Le Melon-pan : un pain à la texture d'une brioche fourré d'une crème orange au gout du melon plus un glaçage vert citron recouvrant un des côtés. C'est peu sucré en bouche, contrairement à ce que je pensais (mais la réalité reste quand même la réalité) et la pâtisserie est au moins à essayer une fois (voire 2 ou 3 si on n'est vraaaaaaaaiment pas sûr ;)).

L'autre découverte dans cette traversée est une artiste. Juste deux cartes postales m'ont suffi pour estimer que j'aimais bien son coup de pinceau. Les couleurs et les modèles sont juste tous mignons ! J'ai mis le lien de son blog juste en dessous.

Nous déambulons jusqu'à la fin de la ruelle puis pivotons en direction de la plage. L'air frais marin se ressent à peine avec le soleil qui nous chauffe les joues. Sûr que ce passage, le long de la plage, est agréable. Par contre, j'ai encore du mal à imaginer ce bout de côte envahit par des japonais l'été. Cécile me raconte la chaleur lourde qui s'abat sur le japon à ce moment. La plage à une heure de la ville, c'est un peu comme l'échappatoire de la fournaise au sein des buildings tokyoïstes. On se sent déjà dans la cambrousse urbaine; il y a déjà des potagers intra-muros de Kamakura (e.g. au niveau des maisons ou sur la languinette de dune entre la route et le sable).

Plus tard, nous bifurquons pour retrouver la voie principale menant au temple d'Hasedara. Nous rencontrons au passage, notre premier sanctuaire, délaissé des passants (mais pas mal entretenu pour autant).

La voie principale est aussi fréquentée que la traversée près de la gare. Ajoutez en plus la circulation des voitures. On y trouve des boutiques en tout genre (ie : des tongs en forme de poissons à de la décoration simple mais fine en cristal), mais beaucoup artisanales. On y trouve des restaurants aussi avec des devantures qui paraissent sorties du siècle dernier (je dis bien du siècle dernier, les façades ne sont pas aussi vieilles que ça !).

Hasedara est coincé au bout d'une rue perpendiculaire à cette dernière. De toute façon, vous pouvez pas le louper : la floppée de touristes et les panneaux vous montrent le chemin.

Japon : Bobbie au pays des templesJapon : Bobbie au pays des temples
Japon : Bobbie au pays des temples

Le temple d'Hasedara doit être le premier lieu religieux visité à Kamakura. L'entrée vaut 300 yens.

Avant toute chose, sortez votre Note Pad ou une feuille et un crayon pour noter en capital surligner trois fois :

APPORTER UN CARNET DE SCEAUX ! (Ou une feuille blanche)

Un peu comme un pèlerinage de tous les temples japonais, vous pouvez demander un beau gribouiboui pour vous souvenir de la visite du temple.

Voilà, leçon du jour, bonsoir.

La visite du temple est libre, même s'il y a un sens pour que le flot soit fluide. Après des premiers pas dans le jardin, vous avez des escaliers menant à un premier petit temple bon pour faire une prière à l'extérieur. Il s'agit de Jizo, encore une fois. Mais à défaut d'avoir quelques statues éparpillés comme au temple de Joshin-ji, vous en avez une centaine toutes alignées correctement.

Japon : Bobbie au pays des templesJapon : Bobbie au pays des temples
Japon : Bobbie au pays des templesJapon : Bobbie au pays des temples

Une volée de marche plus tard, nous déboulons sur le temple principal: le kannon-do Hall.

Il y abrite une statue de 9 m et quelques sculptée par Tokudo Shonin au VIIIe siècle. La légende raconte qu'il trouva un arbre à camphre dont le tronc fut si large que faire deux statues à 11 têtes de Kannon, ça passait tranquille (rien que ça). La plus grande fût jetée à la mer (me demander par pourquoi) avec comme prière de revenir pour sauver les gens. Et une dizaine d'années plus tard, elle revint sur le rivage émettant des rayons de lumières. Dit ainsi, ça parait un peu OVNI. Mais, penser plutôt que la mer l'a ramenée sur le rivage et que le soleil s'est reflété sur les dorures de la statue. C'est plus réel.

Bref, la statue est dans ce temple où vous trouverez de quoi honorer la divinité. Après observation, j'ai remarqué que les Japonais lançaient une pièce, s'inclinaient deux fois, frappaient deux fois des mains et s'inclinaient une dernière fois plus longuement pour faire leur prière. C'est peut être parce que c'est nouveau pour moi (comparer au : faut se mettre à genoux, joindre les mains, etc) et que je ne connais pas la vraie procédure, mais je trouve ça vraiment cool.

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Sur le même niveau que le temple principal, vous avez aussi l'opportunité d'avoir une vue sur l'ensemble de Kamakura (ou comment cibler les prochains temples), il y a un chemin pour méditer (ou aussi s'essouffler, selon votre condition physique) et un Kyozo. C'est un édifice contenant 18 rinzos qui sont des cylindres sur lesquels sont écrits les Sutras du bouddhisme. Ils roulent et font un bruit plaisant. Il m'en faut pas plus pour faire ma virer et les faire tourner tous. En plus, c'est l'équivalent de lire les Sutras. Donc bon. Si d'habitude, j'évite de faire ce que je ne connais pas dans le domaine de la spiritualité, là je m'y suis donnée à coeur joie ! et puis je me suis purifiée les mains avant....ainsi que les poumons (oui l'encens sert à purifier son corps...pour ma part, j'en aurais pris un bain tellement il sentait bon !).

Aheum !

En redescendant, nous finissons par le temple de Benten-Do. Même s'il est moins traditionnel que les autres temples, la divinité qui y est vénérée est peut être ma préférée. Elle se trouve dans une "grotte". Benten n'est autre que l'unique déesse parmi les sept Dieux de la chance. Et elle est une déesse de la mer (voilà ce qui rafle tous les points). Elle est aussi la patronne de l'Art, la musique et la bonne fortune (points bonus). Dans la grotte, on la reconnait grâce à son Biwa (une Mandoline). Y sont également sculptés 16 enfants, mais je ne peux pas vous dire pourquoi.

Avec ceci, nous terminons la visite du temple et nous nous dirigeons vers le daijobe Daibutsa, le géant bouddha qui se trouve dans le Kotoku-in.

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Kōtoku-in est un temple plus simple et aéré que Hasedera: au ration bâtisses/verdures, vous avez beaucoup plus de jardin. L'élément principal étant le bouddha géant, vous n'avez pas d'autres choses à faire.

L'entrée est de 200 yens, la visite interne du Bouddha, 20 yens. Mais quand il fait beau comme ce vendredi-là, que l'encens embaume l'espace et que le soleil est à son apogée, la bonne idée c'est de faire comme Bouddha. Se mettre en tailleur, profiter de la chaleur et sniffer de l'encens. Méditer des heures comme ça devient soudainement très intéressant.

Une heureuse découverte, alors que nos estomacs criaient famine, fut rencontrée dans la boutique de souvenirs : un restaurant. Si on peut dire ça comme ça.

4 tables basses, 2 tables normales, et une carte simple de 4 plats pour moins de 500 yens tous à base de Soba apparemment. Le meilleur pour la fin : des tenanciers (et cuisiniers) âgés et sans doute de la même famille. Bref. A l'intérieur même du lieu touristique, ce type de restauration était offert et c'était vraiment plaisant. Etant en Japonais, Cécile me traduit vaguement la liste et nous optons pour celui où elle sait vaguement ce que c'est : des Yakisoba.

La recette est simple : faire sauter des nouilles. Après, c'est l'ajout de sauces et d'autres ingrédients qui rendent le plat copieux et délicieux. 10 minutes plus tard, on peut slurper (en vrai pas trop parce que la base n'est pas un bouillon) devant les touristes. Le comptoir propose aussi des glaces et des brochettes de boules blanches avec une sauce couleur caramel par dessus : des Dango (en l'occurrence, des Mitarashi dango, Mitarashi étant le sirop à base de Shouyu (à base de sauce soja) qui recouvre les boulettes). Au début je pensais que c'était salé et à base de viande. Et bah non ! C'est à base de Mochi. Et alors, ça, chers lecteurs, j'en suis devenue dingue. Dingue de Dango ou de toutes douceurs à base de Mochi. Même ceux qui sont enormes et étouffant.

La panse bien remplie, les restaurateurs remerciés chaleureusement, nous continuons notre périple vers...

...,vers un temple qui s'appelle Sasukeinari quelque chose. 

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Japon : Bobbie au pays des temples

Le Sasuke Inari Jinja est un endroit paumé mais proche quand même. Il nécessite un effort, mais un tout petit, pour y accéder. Et cela en vaut la chandelle. Il y a deux moyens d'y accéder et j'avoue que l'un d'eux est un peu casse-gueule. Mais ça fait l'aventure du jour, et puis pour activer la digestion, c'est pas mal. Ce chemin là, c'est un tronçon du chemin de randonnée qui entoure Kamakura. Il faut y grimper sur un petit chemin étroit et glissant. Même avec des bottes de ville, ça le fait. Il faut l'avouer aussi, l'habitude de la rando aide aussi (je me jette des fleurs). Nous avions devant nous, deux amies qui avaient plus de problèmes à crapahuter dans la forêt. 

C'est donc les 4 ensemble que nous découvrons enfin le sanctuaire. Super calme, il représente exactement le genre d'autel que je m'imagine perdu près de la cime d'une montagne. Il est où Totoro?

Cette peluche géante n'était malheureusment pas présente. A la place, une centaine de statuettes de renard forment des villages miniatures autour du sanctuaire. 

Autant dire que je n'ai pas de sources sûres sur ce je vais dire. Peut-être apparaissent-elles dans le Heike monogatari, une odyssée de samouraï contée par des moines et qui pourrait contenir un peu de fantastique, qui sait ? (si tu sais, merci de me corriger). Les légendes autour de ce temple vont bon train...et comme je ne peux pas lire le site en Japonais, je mets un énorme ATTENTION à l'histoire que je vais vous conter.

Inari est une divinité japonaise dont ses compétences tournent autour de la croissance des céréales, du commerce et de la fonderie, pour ne citer que les principales. Il ou elle prend comme apparence un Renard Blanc. La légende veut que, au XIIe siècle, Minamoto no Yorimoto fut visité dans ses rêves, par un Renard Blanc l'avisant du moment adéquat pour remporter une bataille contre le clan Taira. La guerre étant gagnée, pour remercier cette apparition, il fit construire le sanctuaire.

Une autre version dit que c'est un vieil homme se présentant comme le Dieu Inari qui l'instruisa de ce moment opportun. Et que le sanctuaire, un peu décrépi, existait déjà (Voir cet article en anglais).

Sans être surprenant, c'est donc un sanctuaire pour prier de la chance au succès d'une entreprise (pas le bâtiment ni le lieu pour le boulot, mais tout projet et départ). 

Loin de la foule, il est un agréable endroit pour méditer (même s'il  a pas trop de soleil qui filtre au travers des branches).

Plutôt que de faire demi-tour, nous redescendons au travers des Torii. Ce sont de géants portiques rouges orangés dans le cas suivant qui représentent tout autant que ceux à l'entrée des temples, le passage entre le monde physique et spirituel. Ce sont mes premiers ! C'est juste beau. Et point barre ! Comme porte de sortie, c'est royal et gai !

 

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Comme nous avons sur la carte un autre temple qui n'est pas 'loin', j'entraîne Cécile vers le Zeniarai Benzaiten. Dans le genre, temple-tu-souffres-pour-y-accéder, en voilà un autre ! Après une petite côte de 200 m approximativement, un tunnel, marqué par un Torii, nous invite à l'emprunter. Comme si, de nouveaux, nous passions une étape entre le monde réelle et spirituelle, le temple shinto apparaît dans une cuvette au sein même de la montagne/colline. Encadré par des hautes parois, ce temple possède 2 particularités :

  • La divinité-phare est une symbiose, ou une fusion, entre l'esprit Ugafukujin (un Kami prenant la forme d'un serpent à tête humaine) et la déesse bouddhique Benzaiten.
  • Les fidèles y vont pour nettoyer leur argent dans l'eau de source ( Zeniarai-mizu ) de la grotte ( Okugū ) située entre deux bâtiments. Il est dit que laver les pièces est récompensé dans l'année par un retour double ou triple ou plus de la somme passée sous la flotte. Cette croyance est due au gouvernant (shoggun ou shikken) de Kamakura Hōjō Tokiyo, vint inciter les gens à le faire.

Il est dit que le temple soit encore dû au rêve de Minamoto no Yorimoto. En effet, il rêva du kami Ugafukujin l'année du serpent, le mois du serpent, le jour du serpent, et soyons fous : l'heure, la minute et la seconde, tiens ! (non là j'avoue, j'abuse). D'où les faits que ce temple soit associé au serpent .

Il faut dire que l'unique motif qui conduisent les gens ici, c'est de laver son fric. Mais il y a bien quelques édifices à contempler. Et encore une fois, l'ambiance à s'imprégner. J'y goutte mon premier Nikuman japonais ; c'est un 'beignet' rempli d'une mixture carnée et cuit à la vapeur. Autant vous dire que sur cette note finale, la journée termine superbement bien !

Le temps qu'on retourne à la Gare, la nuit tombe déjà. Dans le train du retour, je comprends pourquoi les gens tombent endormis comme des mouches. Outre la fatigue, les sièges sont chauffés et la vitre dans notre dossier est un parfait support pour s'endormir.

Expérience de s'endormir dans le métro à la Japonaise : Check !

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